Les énergies alternatives

L'expression « énergies alternatives » est plus large que celle d'énergies renouvelables : elle désigne tout ce qui se substitue aux énergies fossiles, charbon, pétrole, gaz naturel. Selon les auteurs, elle inclut ou non le nucléaire, ce qui explique une partie des confusions.

Renouvelable, décarboné, alternatif

Trois notions distinctes qu'on emploie l'une pour l'autre. Renouvelable qualifie une ressource qui se reconstitue à l'échelle humaine : soleil, vent, eau, biomasse, chaleur du sous-sol. Décarboné qualifie une production qui émet peu de gaz à effet de serre, ce qui inclut le nucléaire, non renouvelable. Alternatif qualifie simplement ce qui n'est pas fossile.

Un exemple montre l'utilité de la distinction : la biomasse est renouvelable et n'est décarbonée que sous conditions, gestion durable de la ressource et transport court. Une centrale à biomasse alimentée par des granulés importés d'un autre continent n'a pas le même bilan qu'une chaufferie alimentée à trente kilomètres.

Les filières et leur usage

Le photovoltaïque produit de l'électricité, en journée, avec un coût de production devenu très bas. Le solaire thermique produit de la chaleur, ce qui en fait la solution la plus directe pour l'eau chaude sanitaire. L'éolien produit de l'électricité, davantage l'hiver et la nuit, ce qui le rend complémentaire du solaire.

La pompe à chaleur n'est pas une source mais un multiplicateur : elle prélève de la chaleur dans l'air, l'eau ou le sol et consomme de l'électricité pour la déplacer. Son bilan dépend donc du mix électrique et de la qualité de l'isolation.

Le bois-énergie est la première source renouvelable consommée en France, et la seule qu'un ménage puisse installer pour quelques milliers d'euros. Son point faible reste les particules fines des appareils anciens.

repères historiques

Les applications professionnelles

Des milliers d'usages existent au-delà du logement : pergolas et ombrières solaires, abris photovoltaïques pour véhicules électriques, bornes de recharge alimentées par la production sur site, hangars agricoles à toiture solaire, couverture de parkings de supermarchés et d'équipements publics.

Ces installations ont un avantage décisif sur le solaire au sol : elles ne consomment pas de terre supplémentaire. C'est pourquoi la réglementation française a rendu obligatoire l'équipement des grands parcs de stationnement extérieurs, avec un calendrier progressif.

Comment arbitrer entre filières

Trois critères, dans cet ordre, valent aussi bien pour un ménage que pour une collectivité. La réduction du besoin d'abord, isolation, sobriété d'usage, efficacité des équipements : c'est le seul kilowattheure qui ne coûte rien et n'a aucun impact. La substitution des usages de chaleur ensuite, qui représentent la moitié de la consommation d'énergie finale française et où les solutions sont matures. La production d'électricité enfin.

Installer des panneaux sur un bâtiment mal isolé est l'erreur d'ordre la plus fréquente, et la plus coûteuse.

Le rôle des politiques publiques

Les États agissent par quatre voies : la réglementation, qui interdit ou impose ; la fiscalité, qui renchérit les émissions ou allège les investissements ; les aides directes, primes et certificats ; et la commande publique, qui crée des marchés. Le débat porte moins sur l'existence de ces leviers que sur leur dosage et leur stabilité.

Sur ce dernier point, un constat fait consensus chez les acteurs, quels que soient leurs choix par ailleurs : l'instabilité des règles coûte plus cher que leur sévérité. Un cadre exigeant et prévisible permet d'investir ; un cadre souple mais changeant paralyse.

objectifs

Ressources utiles